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Carl Pei n’en est pas à son premier coup d’essai. Avant de fonder Nothing à Londres, il avait co-créé OnePlus avec une idée simple : proposer un design soigné et des performances solides à un prix que les grandes marques n’oseraient pas afficher. Une décennie plus tard, la formule ressurgit avec le Phone (4a) Pro, disponible à partir de 479 euros, et elle fonctionne mieux que jamais.
Contrairement au Phone (3), qui avait tenté l’aventure premium l’été dernier, le (4a) Pro renoue avec le segment où Nothing se montre le plus à l’aise : le milieu-haut de gamme. Ce choix de prix est en soi une déclaration. À 479 euros, la marque s’installe sur un terrain où la concurrence est dense mais où peu de constructeurs proposent un ensemble aussi cohérent.
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Un châssis aluminium qui change tout
Dès la prise en main, la rupture avec les générations précédentes est nette. Nothing abandonne les cadres en plastique et adopte un corps unibody en aluminium de 7,95 mm d’épaisseur pour 210 grammes sur la balance, un poids contenu au regard d’un écran de 6,83 pouces. Le dos semi-transparent, signature visuelle de la marque, est désormais recouvert d’un plastique que Nothing annonce deux fois plus résistant que sur le Phone (2a).
La dalle AMOLED en 1,5K monte à 144 Hz et atteint 1 600 nits de luminosité en usage courant, avec des pics à 5 000 nits pour le contenu HDR. La lisibilité en plein soleil est bonne. Elle ne rivalise pas avec les meilleurs panneaux de Samsung ou Apple en haut de gamme, et la surface s’avère plus sensible aux rayures que ce que pratiquent les concurrents à ce niveau de prix.
La nouveauté la plus visible est le Glyph Matrix, une matrice de plus de 100 micro-LED gravée dans le dos de l’appareil. Elle peut afficher l’heure, le niveau de progression d’un minuteur, la position d’un VTC ou les notifications de certaines applications. Nothing présente ce système comme «une alternative à l’écran principal», un moyen de rester informé sans céder à la tentation de déverrouiller son téléphone.
En pratique, la promesse reste théorique. L’heure affichée en permanence au dos est utile lorsque l’appareil repose face contre table, mais elle ne remplace pas le réflexe de retourner l’écran. Le Glyph Matrix est avant tout une signature esthétique forte, et l’écosystème applicatif qui l’exploite demeure trop limité pour en faire un véritable outil du quotidien.
Photo : un téléobjectif périscopique qui change la donne
C’est sur la photographie que Nothing a concentré ses efforts cette année. Le capteur principal Sony LYT-700C de 50 mégapixels capte selon le fabricant 64 % de lumière supplémentaire par rapport aux capteurs habituels du segment. La mise au point progresse de 20 % par rapport au Phone (3a) Pro, et les résultats en bonne lumière rivalisent avec des références comme le Pixel 10a.
La vraie nouveauté est le téléobjectif périscopique tétraprisme de 50 mégapixels : stabilisation optique, 3,5x de zoom optique, 7x sans dégradation visible. Les portraits réalisés à 80 mm équivalents affichent un bokeh naturel, une transition propre entre le sujet et l’arrière-plan et un traitement numérique mesuré. Le zoom numérique peut monter jusqu’à 140x, mais la qualité chute logiquement à ces extrêmes. Pour un téléphone à ce prix, un tel téléobjectif reste une rareté.
L’ultra grand-angle de 8 mégapixels est en retrait. Il dépanne dans les situations courantes mais accuse une différence sensible par rapport aux deux autres capteurs. C’est le compromis que Nothing a consenti pour tenir son équation tarifaire.
Un logiciel épuré sur Android 16
Le Snapdragon 7 Gen 4, associé à 8 ou 12 Go de RAM selon la configuration, assure des performances fluides pour tous les usages quotidiens. Nothing OS 4.1, construit sur Android 16, confirme sa réputation de surcouche parmi les plus légères du marché Android : aucune application superflue, des animations maîtrisées, une interface qui se rapproche davantage de l’expérience Pixel que de celle de Samsung. Seule la typographie monospace, omniprésente dans l’interface, peut lasser. Les fonctions d’intelligence artificielle intégrées, intéressantes sur le papier, n’ont pas survécu à un mois d’usage intensif.
La batterie de 5 080 mAh assure une journée complète en usage intensif et approche les deux jours en usage modéré. La charge filaire de 50 W recharge l’appareil en un peu plus d’une demi-heure. La charge sans fil est absente, concession visible mais cohérente avec le positionnement tarifaire.
Le Nothing Phone (4a) Pro est le premier modèle de la marque à résoudre avec cohérence la tension entre style, prix et utilité. Châssis aluminium, téléobjectif périscopique, écran 144 Hz, logiciel épuré : le rapport qualité-prix est difficile à contester en dessous de 500 euros. Ses limites existent, notamment sur l’ultra grand-angle et la charge sans fil, mais elles sont assumées et ne compromettent pas l’ensemble. Carl Pei avait réussi ce pari une première fois avec OnePlus. Il est en train de le réussir une seconde fois.
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