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Il a injecté des centaines de millions pendant dix ans, sans jamais voir le club atteindre l’équilibre. Mi-juin 2026, l’UEFA a prononcé sa sanction contre l’Olympique de Marseille et mis en lumière ce que McCourt dit en privé depuis des mois. Le propriétaire américain a décidé d’arrêter de payer. Ce que personne n’a encore réglé, c’est la question qui suit : et maintenant, qui le fait ?
L’UEFA tranche, le sursis a un prix
La Première Chambre de l’Instance de Contrôle Financier des Clubs de l’UEFA, l’organisme chargé de vérifier que les clubs respectent les règles d’équilibre budgétaire imposées par l’instance européenne, a rendu son verdict le 11 juin 2026 : l’Olympique de Marseille est autorisé à participer à la Ligue Europa 2026-2027. L’amende se monte à 10 millions d’euros : 6 millions pour dépassement du plafond de déficit autorisé, 4 millions pour avoir excédé le ratio de 70 % de coûts d’effectif sur les revenus du club, un seuil fixé pour éviter qu’un club ne consacre l’essentiel de ses recettes aux seuls salaires et transferts.
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Football : l’OM au bord de la ruine
En 2022, après une première série de dérapages financiers, l’OM avait signé avec l’UEFA un accord de règlement, un engagement formel de redresser ses comptes sous peine de sanctions, assorti d’un plafond de pertes autorisées fixé à 60 millions d’euros sur trois saisons. Les pertes cumulées sur les trois derniers exercices atteignent 157 millions d’euros, soit près du triple de ce plafond. L’instance a retenu des circonstances atténuantes, au premier rang desquelles l’effondrement des droits de diffusion domestiques en France, argument mis en avant par Frank McCourt et Stéphane Richard lors de leurs échanges avec Nyon. C’est ce qui a évité l’exclusion immédiate.
Le répit est conditionnel. L’UEFA a assorti sa décision d’un délai d’un an : si le club ne redresse pas ses comptes sur la saison 2026-2027, il sera automatiquement banni de toute compétition européenne pour les trois saisons suivantes. Une restriction sur l’inscription de nouveaux joueurs sur la Liste A, la liste officielle des joueurs qu’un club peut aligner en compétition européenne, limitée à vingt-cinq joueurs dont un quota de formés localement, est déjà entrée en vigueur pour la prochaine campagne de Ligue Europa. Il n’y aura pas de troisième chance.
750 millions plus tard, McCourt lâche
Automne 2016. Frank McCourt rachète l’Olympique de Marseille à Margarita Louis-Dreyfus pour une cinquantaine de millions d’euros. Il se présente alors comme un entrepreneur américain prêt à financer un projet dans une des places fortes du football européen, pas comme un fonds souverain, pas comme un État.
Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, McCourt revendique avoir injecté 750 millions de dollars dans le club depuis cette date, soit environ 640 millions d’euros en dix ans. L’essentiel de cette somme n’a pas financé un nouveau Vélodrome ni la rénovation du centre d’entraînement de la Commanderie : elle a servi à combler des pertes d’exploitation récurrentes et à boucler des mercatos coûteux.
Des pics sportifs ont existé. Finale de Ligue Europa en 2018, retours réguliers en Coupe d’Europe, qualification en Ligue des champions. L’OM n’a dégagé aucun excédent sur un exercice complet depuis l’arrivée de McCourt. La chute brutale des droits télévisuels en Ligue 1 a précipité la détérioration du modèle : le groupe audiovisuel Mediapro, qui avait remporté les droits de diffusion du championnat en 2020 pour 780 millions d’euros par saison, s’est effondré avant même d’avoir pu honorer ses engagements, entraînant une renégociation à la baisse des contrats pour l’ensemble des clubs français. La saison 2024-2025 s’est soldée par un déficit de 104,7 millions d’euros pour l’OM, chiffre établi par la Direction Nationale du Contrôle de Gestion, la DNCG, l’organisme indépendant chargé de surveiller la santé financière des clubs professionnels français, qui peut imposer des sanctions allant de l’encadrement du budget au retrait de licence. Les revenus hors transferts du club ont reculé de 30 à 35 % sur un an.
Février 2026 : il pose ses conditions et repart
Le déplacement de Frank McCourt à Marseille, en février 2026, était présenté comme une visite de travail. Il s’est transformé en reconfiguration complète de la gouvernance du club.
McCourt convainc Medhi Benatia, directeur sportif de l’OM, qui avait pourtant annoncé sa démission, de prolonger quelques mois son bail, en lui confiant un périmètre élargi sur les décisions sportives. Dans le même temps, Pablo Longoria, président du club depuis 2021, est mis en retrait et cantonné à un rôle de représentation institutionnelle auprès des instances. Le message financier, lui, est formulé sans détour, en privé comme dans ses prises de parole publiques : sans qualification en Ligue des champions, McCourt ne remettra plus la main au portefeuille pour absorber des déficits massifs.
Au Journal du Dimanche, il rappelle les 750 millions investis, indique qu’il n’est « ni un État, ni un fonds d’investissement », et laisse entendre que l’époque du mécène solitaire est terminée. La saison 2025-2026 n’a rien arrangé : malgré une campagne de Ligue des champions générant plusieurs dizaines de millions d’euros de revenus UEFA, l’OM a terminé 7e de Ligue 1. La qualification en Ligue Europa a évité le pire sportivement. L’absence de C1 a creusé un manque à gagner que le club ne pouvait pas compenser par ailleurs.
Sa fortune va ailleurs
La lassitude de McCourt envers l’OM tient aussi à ce qu’il a décidé de faire de son argent. Depuis plusieurs années, l’homme d’affaires consacre une part croissante de son énergie et de ses moyens à Project Liberty, une initiative politico-technologique dont l’ambition déclarée est de « réinventer Internet » en redonnant aux utilisateurs la maîtrise de leurs données personnelles.
Le projet repose sur le développement du protocole DSNP, Decentralized Social Networking Protocol, pensé comme une infrastructure ouverte pour sortir du modèle dominé par Meta, X ou TikTok, où chaque plateforme contrôle les données de ses utilisateurs sans leur laisser la possibilité de les récupérer ou de les transférer. McCourt a déjà injecté plusieurs centaines de millions de dollars dans ce chantier, et les besoins annoncés se chiffrent en milliards. En janvier 2025, Project Liberty a déposé une offre formelle pour racheter les actifs américains de TikTok dans le cadre de « The People’s Bid », avec des engagements verbaux pouvant atteindre 20 milliards de dollars. Alexis Ohanian, cofondateur de Reddit, a rejoint l’initiative.
Forbes estimait la fortune personnelle de McCourt à environ 1,5 milliard de dollars en 2026, en progression d’environ 7 % sur un an. Chaque euro absorbé par les déficits marseillais est un euro de moins disponible pour un projet auquel il attribue une portée qu’il juge « civilisationnelle ». L’OM et TikTok ne se financent pas sur le même budget, mais ils se disputent les mêmes liquidités personnelles de leur propriétaire.
Ni vendeur, ni financeur
La lassitude de McCourt ne l’a pas rendu pressé de partir. Il a longtemps déclaré que l’OM « n’est pas à vendre ». Plusieurs sources convergentes dessinent une position plus nuancée : le club est à vendre, à un prix précis que personne sur le marché ne veut payer.
Ce prix, McCourt l’a laissé filtrer : environ 1,2 milliard de dollars pour 100 % du capital. Une valorisation que la plupart des analystes jugent déconnectée de la réalité économique du club, au regard des pertes récurrentes, de la fragilité des droits TV de la Ligue 1 et de l’état des infrastructures. En réalité, 500 millions d’euros suffiraient à convaincre McCourt de céder, soit moins de la moitié du prix affiché. Des discussions ont eu lieu avec l’entourage du propriétaire ces dernières années. Aucune n’a débouché sur un dossier sérieux.
McCourt a tenté une voie intermédiaire : faire entrer un investisseur minoritaire à hauteur de 30 % du capital pour environ 400 millions d’euros, valorisation globale inchangée à 1,2 milliard. Ce qui a systématiquement bloqué les discussions, c’est son refus d’accorder à un éventuel partenaire un pouvoir opérationnel réel sur le club. Un homme las de payer, mais pas assez las pour céder le contrôle. Aucune signature, aucune avancée tangible à l’été 2026.
Richard et Lorenzi, sans chéquier
Face à cette impasse, McCourt a retouché l’organigramme. En avril 2026, il officialise la nomination de Stéphane Richard à la présidence de l’OM, avec une prise de fonctions fixée au 2 juillet. L’ancien PDG d’Orange, habitué des conseils d’administration du CAC 40 et des dossiers à l’interface entre industrie et État, est chargé de stabiliser le club et de piloter son redressement économique. L’objectif affiché : rendre la gouvernance du club plus lisible pour des investisseurs potentiels et plus crédible aux yeux des régulateurs.
Quelques semaines plus tard, l’arrivée de Grégory Lorenzi au poste de directeur sportif est annoncée. Architecte du Stade Brestois moderne, monté de Ligue 2 en Ligue 1 puis qualifié pour les barrages de Ligue des champions, Lorenzi arrive avec une mission précise : assainir la masse salariale, organiser un mercato orienté vers les ventes, reconstruire un effectif compétitif avec des moyens réduits. Ce tandem officialise la sortie de Benatia et la mise à l’écart durable de Longoria.
Richard et Lorenzi apportent de la méthode et de la crédibilité institutionnelle. Ils n’apportent pas de capitaux. McCourt a nommé deux gestionnaires de crise là où le club aurait besoin d’un financeur.
L’été de toutes les ventes
À l’été 2026, l’OM doit vendre. La DNCG a posé ses conditions : le club doit générer plusieurs dizaines de millions d’euros de recettes de transferts avant le 30 juin, sous peine de sanctions sportives et administratives. L’objectif officieux tourne autour de 50 à 60 millions d’euros d’ici la clôture de l’exercice, avec un total de 80 à 100 millions sur l’ensemble du mercato d’été.
Trois joueurs concentrent cette stratégie. Mason Greenwood, dont la valeur marchande est la plus élevée de l’effectif, mais dont la revente impose de reverser 50 % du montant à Manchester United, le club anglais ayant négocié cette clause de rétrocession lors du transfert de l’attaquant à Marseille, se réservant ainsi la moitié de toute future plus-value. Des offres en provenance du Golfe ont été évoquées autour de 80 à 90 millions d’euros, sous réserve de concrétisation et de l’accord du joueur. Leonardo Balerdi, capitaine argentin convoité en Serie A et en Liga, fait l’objet de négociations où les valorisations actuelles oscillent autour de 20 millions d’euros, loin des hypothèses qui circulaient un an plus tôt. Pierre-Emile Højbjerg, dont le départ est considéré comme quasi certain, doit permettre à la fois d’alléger la masse salariale et de dégager une indemnité de transfert significative.
Lorenzi et Richard négocient dans un contexte que les acheteurs potentiels connaissent aussi bien qu’eux : la détresse financière du club est publique, documentée, chiffrée par deux instances européennes et nationales. Vendre au juste prix dans ces conditions suppose un rapport de force que l’OM n’a pas.
La DNCG attend, le club aussi
L’UEFA a statué le 11 juin. La DNCG rendra sa décision le 23 juin 2026, audition reportée à cette date à la demande de l’OM, qui souhaitait intégrer dans son dossier les suites de la décision européenne et préciser son plan de réduction des charges salariales. Au 18 juin 2026, aucune décision formelle n’a été communiquée.
L’éventail des sanctions possibles va de l’encadrement strict de la masse salariale à l’interdiction de recrutement, en passant par l’obligation d’un apport en fonds propres. Dans les cas les plus graves, la DNCG peut prononcer une relégation administrative, c’est-à-dire faire descendre le club d’une ou plusieurs divisions par décision réglementaire, indépendamment de ses résultats sportifs sur le terrain. Les observateurs s’accordent sur un scénario probable : un contrôle renforcé des charges de personnel et un suivi rapproché des comptes, exercice par exercice. C’est dans ce cadre que Richard et Lorenzi devront construire leur mercato dès le début du mois de juillet, avant même de connaître les règles exactes du jeu.



qui nous en merde a pleurnicher mc court il n’a qu’à vendre son club ils y en a qui attendent que ça et il pourra se rembourser de l’argent qu’il a injecté et sa sera mieux pour tout le monde ainsi qu’à son entraîneur et son staff et Marseille pourra respirer ont ne passera pour des plouques comme j’entends souvent
Tout à fait d’accord avec toi , qu’il vende et arrête de pleurer.