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Le 22 juin, les représentants des deux principaux syndicats de pharmaciens, l’USPO et la FSPF, ont été reçus au ministère de la Santé par la directrice de cabinet du ministre, aux côtés de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), de la Direction générale de la santé et de la Direction générale de l’offre de soins. Plusieurs mois de tensions sur l’avenir économique des officines précédaient cette convocation.
Deux séries de travaux préalables ont servi de base aux discussions. L’Inspection générale des affaires sociales et l’Inspection générale des finances ont rendu un rapport sur la chaîne de distribution pharmaceutique. La convention qui lie les pharmaciens à l’Assurance maladie prévoyait par ailleurs une clause de révision, dite clause de revoyure, dont cette séance marque l’ouverture. Sur un point, tous les participants se sont accordés : le mode actuel de rémunération des pharmacies ne garantit plus la survie du réseau tel qu’il existe aujourd’hui.
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Deux chantiers, un calendrier serré
Aucune enveloppe budgétaire n’a été annoncée à l’issue de la réunion. Le ministère a néanmoins indiqué qu’une transformation du mode de rémunération exigera un accompagnement financier. La méthode retenue associe simulations chiffrées et co-construction avec les syndicats, sans feuille de route imposée d’entrée.
Deux négociations distinctes s’ouvrent en parallèle. La première doit produire un texte signé d’ici à l’automne. La seconde engage une réforme de fond dont l’horizon est 2027, avec des groupes de travail attendus dès juillet.
Hypertension, diabète, tabac : ce que contiendra l’accord de l’automne
Le premier texte, dont la finalisation est visée pour septembre, couvrira les nouvelles missions cliniques des pharmaciens : suivi des patients hypertendus, accompagnement des diabétiques, aide au sevrage tabagique, interventions pharmaceutiques. Il intégrera aussi la révision des tarifs prévue pour entrer en vigueur en 2027.
Ce n’est pas un accord de routine. En adossant les revalorisations tarifaires de 2027 à un texte sur les missions cliniques, le ministère lie explicitement l’élargissement du rôle du pharmacien à la transformation de sa rémunération.
Quand dispenser moins de médicaments doit rapporter autant
Le second chantier porte sur une question de fond : comment rémunérer les pharmacies autrement qu’en fonction du nombre de boîtes de médicaments vendues et remboursées ? Depuis plusieurs années, la baisse du volume de prescriptions, portée par les politiques de déprescription et de réduction des dépenses de santé, érode un modèle économique entièrement bâti sur cette marge à la vente. Le ministère a indiqué vouloir accentuer cette tendance.
Cette orientation divise. Elle produira des gagnants et des perdants au sein du réseau, ce que le ministère a lui-même admis lors de la réunion. Des mécanismes de rééquilibrage devront être construits pour éviter que les pharmacies les plus fragiles, souvent celles implantées dans les zones rurales ou les quartiers populaires, ne soient les premières touchées. Les groupes de travail qui débutent cet été n’ont, à ce stade, tranché aucune option : ni renforcement des honoraires fixes versés par l’Assurance maladie, ni création de nouvelles lignes de rémunération, ni refonte des mécanismes existants.


